La Briqueterie Durand et le Collectif Art et Sol
La Briqueterie Durand, un lieu chargé d’histoire
Le site pourvoyeur d’argile a été utilisé dès l’époque romaine, mais c’est en 1936 que le grand-père de Jean-Pierre Durand lui donne l’apparence qu’on lui connaît aujourd’hui. Il existait jusqu’alors 7 tuileries au Fleix, mais l’électrification et la modernisation des lieux conduira rapidement à la disparition des petites unités qui ne résistent pas à « l’industrialisation », à son échelle, du process. Pendant la seconde guerre mondiale, la briqueterie devient un QG d’intendance de la Résistance qui peut fournir de la poudre habituellement utilisée pour les carrières, détournée dans le dynamitage d’infrastructures afin de nuire à l’occupant. Les nombreux recoins des bâtiments permettront de planquer des armes… Après la guerre, c’est l’âge d’or de la briqueterie car il y aura tout à reconstruire. Mais il faudra aussi bâtir pour les populations du Nord ou de l’Est, arrivés en zone libre au début de la guerre et qui ne repartiront pas, séduits par le Sud-Ouest. Ce sont aussi de nombreuses constructions pour les résidences secondaires, autour du Bassin d’Arcachon notamment, qui fourniront des débouchés. En 1988, la briqueterie produit 100 T / Jour de briques avec 18 employés. La Loi Fabius de 1987 met un frein à l’essor des entreprises artisanales de cette taille car les investisseurs sont désormais plus attirés par les placements boursiers que par l’industrie locale. La Loi Voynet de 1999 mettra le coup de massue final avec l’instauration d’une taxe sur les carrières que seuls les gros industriels pourront supporter. Jean-Pierre Durand et son épouse Brigitte donneront à partir de 1990 une orientation patrimoniale à leurs produits pour la restauration de châteaux, de bâtiments anciens, ce qui a permis de maintenir la briqueterie en fonctionnement (carrelages de l’abbaye du Mont St Michel, tuiles du Château d’If… et bien d’autres) La dernière commande fut la reproduction des briques du temple du Fleix. Mais au moment de la retraite, la suite n’a pu être assurée. En cause, notamment, la flambée du coût du gaz qui a mis un frein aux projets de reprise.